Dans la presse

Arras Un nouveau chapitre dans la belle histoire du Petit marché arrageois

LA VOIX DU NORD - Thomas Seillier | Publié le 24/05/2019

L’épicerie solidaire du quartier des blancs monts à Arras vient d’élire une nouvelle présidente. Nicole Canlers succède à Philippe Eeckhout.
Il est des lieux qui vous redonnent du baume au cœur. Au centre Colucci, dans le quartier des Blancs-Monts, à Arras, ni politique, ni effets d’annonce, mais du concret : « Le Petit marché arrageois c’est une épicerie solidaire », explique la nouvelle présidente Nicole Canlers.

Créés en mai 2003 par le regretté Philippe Eeckhout, les lieux sont réservés à des bénéficiaires arrageois sélectionnés selon leurs revenus chaque trimestre par une commission. « Ils étaient 350 l’année dernière », confirme Farid Saad-Saoud, coordinateur de l’association. « Familles comprises, cela fait près de mille bénéficiaires. »

Personnes isolées, familles monoparentales, retraités… « Les inscrits sont chaque année plus nombreux », concède la présidente. Et si l’aide se veut temporaire, « des ateliers sont obligatoires pour remettre les gens en selle », et nombre de bénéficiaires se réinscrivent depuis des années. En premier lieu les retraités sujets à de petites retraites.

L’épicerie est ouverte du lundi au vendredi, hors mercredi, de 13 h à 16 h 30. La collecte est effectuée tous les jours dans trois hypermarchés du secteur, et les prix sont divisés par quatre par rapport à la grande distribution. Fraîchement rénovés, les lieux rentrent dans une nouvelle ère avec l’élection de Nicole Canlers. « Ouvrir les lieux aux étudiants » ; « élargir la zone géographique » ; « créer un site internet et une page Facebook » ; autant de nouveaux projets à mener pour l’équipe du Petit marché arrageois.


ARRAS Un esprit de fête, malgré tout, au Petit Marché arrageois

LA VOIX DU NORD - Nicolas André | Publié le 07/01/2018

L’épicerie solidaire a connu l’affluence avant le réveillon. Ce sont chaque trimestre près de 400 bénéficiaires qui profitent de ce commerce ouvert spécialement pour eux et qui complète parfois les dons des Restos du cœur. Mais ce Petit Marché arrageois, c’est aussi une grande famille. Dès 10 heures ce jeudi-là, ils étaient cinq ou six à faire la queue devant l’épicerie solidaire au centre Colucci. Dans le froid. Le magasin n’ouvre qu’à 13 heures mais ils sont là pour être sûrs d’avoir les bons produits. « Ça part vite ! Parfois il ne reste plus grand chose, alors on préfère attendre quelques heures pour être sûr d’être servis ! », explique une dame. Ce n’est pas ici que l’on va proposer à la vente le dernier téléphone portable sorti tout droit de l’usine, non. L’épicerie solidaire baptisée sobrement le Petit Marché arrageois doit être un des seuls commerce qui ne désemplit jamais, hélas ! Créée il y a treize ans, cette épicerie est réservée à près de 400 bénéficiaires arrageois, proposés par des travailleurs sociaux, sélectionnés chaque trimestre par une commission présidée par Philippe Eekout.

Cela fait près de 1200 bénéficiares par an. Certains sont évidemment réinscrits. Les prix dans ce commerce sont divisés par quatre, voire plus. « C’est le cas pour des produits de fêtes comme des chapons qui nous ont été livrés en période de fêtes. », précise Josiane Deparis, qui, avec Gaëlle Danel, gère l’association. Les dons viennent d’Auchan, d’Intermarché, Leclerc, de la Banque alimentaire... Ce sont des produits qui approchent de la date de péremption ou sont déclassés. La boutique du centre Colucci, qui fait près d’une centaine de mètres carrés, équipée de frigos, est financée par la ville. « Mais l’épicerie solidaire, ce n’est pas seulement la possibilité de se fournir en nourriture une fois par semaine, souligne Josiane Deparis. Nous organisons des ateliers sur la cuisine, l’informatique, l’anglais, les savoirs de base, un atelier culturel avec le musée des Beaux-Arts, des sorties aquagym, du vélo (nous en avons dix-huit qui nous ont été offert par la Fondation Auchan). Le dernier atelier que j’ai mis en place porte sur le bien-être et la sophrologie. Au total, 140 personnes ont eu accès à ces ateliers cette année ».

De l’aide après les accidents de la vie

Monique a 63 ans. Sa fille divorcée qui travaille n’a pas l’air de se rendre compte de la misère dans laquelle a été plongée sa mère quand son père est décédé. Il aura emporté avec lui une partie de la retraite qui complétait celle de Monique pour qui la vie est devenue difficile. Nous la croisons avec ses paquets, elle vient de s’acquitter de ses courses à la caisse, pour une trentaine d’euro : quatre paquets de provisions dont quelques petits cadeaux « en retard » comme elle dit. Des choses bien ordinaires : un landau pour promener le petit de sa fille, une barbue, et de la nourriture. « J’ai été malade, j’ai déprimé. Ma petite retraite de 400 euros m’empêche de sortir. Avec le loyer, les charges, il ne reste presque rien. Je suis venue du Morbihan pour me rapprocher de ma fille. Le plus dur pour moi aura été d’oublier ma fierté pour venir à l’épicerie. Mais on m’a dit qu’il fallait payer. C’est moins avilissant ! J’en profite depuis un an. J’y ai trouvé autre chose : des gens extraordinaires, l’occasion de faire du bénévolat quand on me le demande. J’ai participé à l’atelier bien-être, au petit journal... » Ne croyez pas que Monique soit la seule dans ce cas. « Les plus pauvres sont souvent ceux qui vivent seuls avec un RSA. Les femmes avec des enfants ont aussi des allocations. Là, c’est pire. » Évoque Josiane Paris. « Ce qui amène les gens chez nous ? Ce peut être simplement la perte d’un mari qui travaillait et qui vous laisse seule avec la charge des enfants. On ne demande pas aux bénéficiaires s’ils profitent aussi des Restos du Cœur ou des paniers du Secours Populaire. Nous travaillons aussi avec le Secours Catholique et la Croix Rouge. Certains nous disent qu’avec ces aides ils arrivent à se passer des courses ordinaires. Il faut dire qu’ils n’en auraient pas les moyens. »